Quoi de neuf dans les études de santé ?
À l’approche de Parcoursup, faire le tri dans les informations
À l’approche de l’ouverture de Parcoursup, de nombreuses interrogations émergent autour de l’avenir de la PASS-LAS et d’éventuelles réformes des études de santé. Entre rumeurs et annonces parfois anxiogènes, il n’est pas toujours simple de s’y retrouver.
Un article publié dans le supplément Formation du Sud Ouest apporte un éclairage rassurant : aucun changement n’est prévu pour la rentrée 2026 concernant l’accès aux filières de santé. Les modalités actuelles resteront identiques, et les projets de réforme évoqués ne concerneraient, au plus tôt, que la rentrée 2027.
Un point essentiel pour aborder son orientation avec sérénité et se projeter dans son parcours sans inquiétude inutile.
Édition « formation » supplément Sud-ouest – rédaction par Patricia Tourneville
« Rien. » Voilà ce que répond Pierre Dubus, directeur du collège de sciences de la santé à l’université de Bordeaux, quand on lui demande ce qui va changer pour les futurs étudiants de son établissement qui seront en parcours d’accès spécifique santé (PASS) ou licence accès santé (LAS). La rentrée 2026 sera la même que l’année précédente, ce projet est hypothétique pour la rentrée 2027. » Le projet ? Celui de refonte du système pour intégrer les études de médecine, maïeutique, odontologie et pharmacie, MMOP.
En 2020, la voie unique du Paces (première année commune aux études de santé) avait laissé place à deux façons de tenter le concours d’entrée à MMOP, appelées PASS et LAS. L’avantage : si un élève rate son PASS, il peut directement aller en deuxième année de LAS, sans perdre un an. Exemple : un étudiant suit un PASS avec option chimie, il rate le concours d’entrée en MMOP, il peut donc directement s’inscrire en deuxième année de licence de chimie, à condition d’avoir obtenu la moyenne. Une fois en LAS, il pourra réessayer d’intégrer les études de santé (on ne peut le tenter que deux fois). L’autre objectif de cette réforme était de diversifier les profils des candidats.
Retour vers la voie unique ? Cinq ans plus tard, les PASS et LAS sont jugés « complexes à mettre en œuvre » par les enseignants et « opaques » par les étudiants eux-mêmes, qui ne savent pas comment ils vont être jugés. Pierre Dubus explique : « En LAS, on a des candidatures très hétérogènes, puisque les licences sont très différentes les unes des autres et ne sont pas forcément accessibles au jury quand l’étudiant se présente au concours, à cause du calendrier.»
Résultat, le Sénat a adopté en octobre 2025 un texte prévoyant de « supprimer le PASS pour aller vers une LAS à plusieurs options, moitié santé-moitié disciplinaire », décrit Pierre Dubus, qui pense que cela ne changera pas le problème d’évaluation des candidats. « Je suis un peu inquiet, on améliore, alors qu’il faudrait une refonte. L’avantage, c’est que c’est un peu plus simple à comprendre, mais, pour les universités, ça reste compliqué à gérer. On va quand même être obligé de comparer des choux, des carottes et des choux-fleurs, parce que les étudiants n’auront qu’une moitié de santé comparable et l’autre moitié hétérogène », explique-t-il. L’autre idée de ce texte serait de tenter, à titre expérimental, l’accès à la filière de pharmacie directement après le bac, via Parcoursup. Car, avec la maïeutique, la pharmacie peine à recruter des candidats depuis la réforme.
Édition « formation » supplément Sud-ouest – rédaction par Patricia Tourneville